- Des abeilles mortes en masse, récupérées par un apiculteur. La cause de leur mort n’est pas encore élucidée.
- La France est un pays de culture intensive du tournesol depuis le milieu des années 80.
- Deux apiculteurs contrôlent des ruches situées à la limite Gers /Haute-Garonne
- Une abeille en bonne santé effectue son travail normalement.
- Pascal tient dans sa main une ouvrière : celle-ci ne devrait pas rester aussi apathique et devrait s’envoler.
- L’abeille marquée d’un point jaune est la reine. Le rayon devait être noir d’abeilles et la reine ne devrait pas être visible.
- Cette abeille est touchée par ce mal dont l’imidaclopride et le fipronil serait la cause. Elle ne butine plus ou essaie de butiner des graines, les pétales voire des feuilles.
- Les ruches sont en terrain découvert, près de champs traités.
- De nombreuses abeilles restent sous l’entrée de la ruche, n’y rentrent plus et y agonisent.
- INRA Toulouse. Labo de xénobiologie. Le professeur Laurent veut évaluer la quantité d’imidaclopride présente dans le tournesol.
- INRA Toulouse. Labo de xénobiologie. Le professeur Laurent veut évaluer la quantité d’imidaclopride présente dans le tournesol.
- L’imidaclopride contenu dans les feuilles est marqué au carbone 14. Echantillon purifié pour chromatographie en phase liquide.
- Université P. Sabatier – Toulouse. Labo d’éthologie, de neurobiologie de l’insecte. Préparation d’abeilles pour des tests.
- Université P. Sabatier – Toulouse. Labo d’éthologie, de neurobiologie de l’insecte. Abeilles fixées par le thorax sur un tuyau de plastique.
- Abeilles nourries avec de l’eau glucosée contenant une faible concentration d’imidaclopride.
- Expérience sur les capacités d’apprentissage de l’abeille en fonction de la quantité d’imidaclopride donnée.
- Une quantité infime de liquide est déposée sur le cerveau de l’abeille. Constat d’un défaut d’apprentissage de celle-ci.
- Abeille trépanée pour avoir accès un neurone antennaire de l’abeille et voir sa réaction aux odeurs grâce à un canon à odeurs.
- Abeille trépanée pour avoir accès un neurone antennaire de l’abeille et voir la réaction aux odeurs grâce à un canon à odeurs.
- Manifestation d’apiculteurs à Toulouse pour demander l’interdiction des pesticides systémiques.
- Manifestation d’apiculteurs à Toulouse pour demander l’interdiction des pesticides systémiques.
Abeilles en danger
Depuis 1994 en France, la production de miel a chuté de 50% en moyenne, selon les exploitations. Les abeilles ne font plus leur travail, ou mal, puis elles meurent en masse. Les apiculteurs incriminent une nouvelle génération de pesticides dit systémiques. C’est à dire que la semence est enrobée d’un produit dont le principe actif est l’imidaclopride chez Bayer, le fipronil chez Aventis, qui va protéger la plante, contre les insectes considérés comme nuisibles, tout au long de sa croissance. L’erreur de départ était de considérer que cette molécule ne serait pas présente dans la fleur. Or, des études ont mis en évidence des traces dans le pollen, le nectar et… les abeilles.
Suite à l’hypothèse de départ cependant, le Gaucho de Bayer n’a pas fait l’objet d’une étude préalable par la Commission des Toxiques. Après l’hécatombe dans les ruches des régions de production intensive de tournesol, le gouvernement français a pris la décision, en 1999, d’interdire l’utilisation des semences de tournesol traitées au Gaucho (renouvelée en 2003). Malgré les demandes et les actions des apiculteurs, il vient pourtant de refuser l’interdiction de toutes les semences systémiques.
On peut s’étonner, alors que Bayer commercialise son produit dans près de 90 pays, que seule la France donne de la voix. En effet, la culture intensive de tournesol s’est développée ici dès 1985 et que près de la moitié des cultures sont déjà systémiques. Mais les Etats-Unis, le Canada, l’Espagne, les Pays Bas, la Belgique, l’Autriche, l’Italie et le Portugal connaissent aussi le problème et l’ont fait savoir au Parlement Européen. Lui-même a saisi la Commission. La difficulté est qu’il n’existe pas de preuve irréfutable que l’imidaclopride et le fipronil provoquent ces empoisonnements, à cause de la difficulté technique à définir un seuil de dangerosité pour l’abeille (elle ne meurt pas forcément, mais son comportement aberrant l’empêche de produire correctement le miel). Bayer, attaqué, répond que son produit n’est pas à l’origine du problème et invoque d’autres facteurs : insecticides (de concurrents), virus, maladies, réchauffement climatique, pollution, urbanisation etc. Quantité d’études sont menées et malmenées par diverses pressions. Pourtant, le temps presse pour une profession en péril et pour la préservation d’un autre instrument indispensable à l’agriculteur : le pollinisateur.
Cette enquête menée sur plusieurs mois nous a mené à interviewer des apiculteurs, des chercheurs (INRA, Université, CNRS), directeur éthique et environnement de Bayer.